L'épouvantail de la maltraitance

Bien souvent, les parents avancent comme inquiétude à propos de l'accueil par une assistante maternelle, l'épouvantail de la maltraitance.
C'est oublier :

Le tabou de la maltraitance institutionnelle.

D'une part, la collectivité n'a jamais mis à l'abri les enfants des maltraitances du fait des individus. 

D'autre part, il existe une forme de maltraitance institutionnelle liée :
au non-respect des rythmes personnels des enfants, 
à la difficulté que peut avoir un enfant à tisser du lien dans le cadre d'un accueil collectif où il est fondu dans la masse et où le personnel qui s'occupe de lui fait l'objet d'un certain turn-over, 
aux nuisance dues au groupe et au nombre voire surnombre d'enfants, 
aux potentielles frictions relationnelles au sein d'une équipe de travail qui se répercutent sur les enfants, 
aux possibles problèmes de cadences et de mauvaises conditions de travail, aux manques de moyens matériels et humains...

Les douces violences

De plus, la collectivité ne protége pas contre cette dérive relationnelle qui fait que, à un moment donné, l'adulte néglige le lien avec l'enfant et perd de vue le respect du à l'enfant. Un moment où l'accordage entre l'enfant et l'adulte s'émousse et où l'enfant va faire l'objet de paroles désobligenantes ou va subir des actes inadéquats qui vont le mettre en insécurité affective.
Cette dérive relationnelle tant d’écrite par Françoise Dolto, appelée suite au succès du livre de Christine Schuhl "douce violence" , qui n’est pas perçu comme de la maltraitance, parfois même pas tout à fait comme de la négligence mais qui n’est pas de la bientraitance, est à l’origine d’une forme insidieuse d’altération de la relation aux impacts nocifs sur la construction et le développement de l’enfant, sur son bien-être.

Cette dérive aux causes multiples est souvent pointée comme le point noir de l’accueil collectif.

Lors de l’accueil par une assistante maternelle, le lien d’attachement plus personnel et souvent plus fortement tissé avec l’enfant semble, non pas écarter toute forme de douce violence, mais en être un frein.

La qualité du lien relationnel est ce qui importe

La maltraitance individuelle peut exister même en collectivité et la maltraitance institutionnelle est un tabou dont on parle peu mais qui existe.
Quant aux douces violences, elles sont du fait de tous.


La qualité du lien tissé entre l'enfant et l'adulte référent qui l'accueille est le meilleur garde-fou pour éviter douce violence et maltraitance.